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L’importance de l’analyse posturale

Dès la naissance et au fil des années, notre corps se développe en tentant sans cesse de maintenir un équilibre postural afin d’optimiser nos déplacements et nos mouvements. Cette posture « idéale » est parfois mise à mal par différents facteurs externes et internes, entrainant différents symptômes.

Pourquoi notre système postural dysfonctionne t-il ?

Afin d’adapter notre corps aux influences externes et internes, le système postural met en place des compensations musculaires ou articulaires. Celles-ci vont nous donner l’illusion que notre corps fonctionne bien, mais elles vont malheureusement utiliser des muscles ou des articulations de façon anormale. Ceci peut entraîner une symptomatologie, traduction de souffrance locale qui peut avoir une origine éloignée par la mise en place de ces compensations.

Le bilan posturo-dynamique

Le but de l’analyse posturale est de déterminer le schéma de fonctionnement de chacun afin de permettre au sujet, par un traitement approprié, de moins solliciter ce qui l’est trop, de rééquilibrer en statique mais également dans le mouvement (marche ou course), les contraintes subies par le corps et responsables d’usure prématurée ou/et de douleurs.

Il est possible d’agir sur la posture à partir de plusieurs entrées, les plus rencontrées sont les suivantes : les yeux, la mâchoire et les pieds :

  • Les yeux

Une différence marquée d’acuité visuelle entre un oeil et l’autre, un trouble de convergence ou de divergence, d’origine musculaire … peuvent entraîner une adaptation posturale dite « descendante » qui peut aller jusqu’aux pieds. Le système postural va essayer de garder les yeux à l’horizontale, alors que le sujet, pour « mieux voir » va être contraint d’incliner ou tourner la tête de façon permanente .

  • Le mâchoire

La posture générale peut entraîner une dysfonction à l’ouverture ou à la fermeture. Ce dysfonctionnement peut aussi être d’ordre psychique (sujets anxieux qui contracte la mâchoire la nuit) ou dentaires (occlusion, traitement orthodontique). Les Articulations Temporo-Mandibulaires ne fonctionnent plus correctement et génèrent des compensations musculaires responsables de troubles posturaux et donc de douleurs.

  • Les pieds

Le pied est le premier propulseur lors de la marche ou la course. Il joue aussi le rôle d’amortisseur et nous permet, grâce à ses nombreux os de nous adapter aux terrains accidentés. Dans notre société moderne, le port des chaussures vient perturber ce rôle dés l’enfance. Toute dysfonction podale va avoir une répercussion posturale, mais toute dysfonction au-dessus va être adaptée par le pied !

De l’intérêt du bilan posturo-dynamique

Que ce soit par des semelles actives amortissantes sur mesure, par des orthèses buccales stimulantes et équilibrantes, par du travail d’orthoptie, de la rééducation spécifique, de l’ostéopathie, par une collaboration avec tous les professionnels de santé (médecins, chirurgiens, dentistes, orthophonistes…).

Il est conseillé de traiter les dysfonctions repérées par le bilan posturo-dynamique dès le plus jeune âge afin de prévenir beaucoup de désagréments à venir dans le quotidien ou la pratique sportive (arthrose, mal de dos, certaines scolioses, etc.). Et quand ces pathologies sont installées, les traitements peuvent soulager et éviter l’aggravation.

L’injection de Plasma Riche en Plaquettes (PRP) présente t-elle un intérêt ?

Le PRP (Platelet Rich Plasma ou Plasma Riche en Plaquettes), est du plasma sanguin est obtenu à partir du propre sang du patient et enrichi en plaquettes par une centrifugation. Il contient différents facteurs de croissance capables de stimuler la régénération de certains tissus.

Qu’est-ce que le PRP ?

Autrefois réservé aux sportifs, le PRP est désormais utilisé par les rhumatologues comme traitement contre l’arthrose et plus particulièrement la gonarthrose (arthrose du genou).

Le sang collecté chez le patient est centrifugé afin de séparer les globules rouges des plaquettes (composants du sang responsables de la coagulation et de la cicatrisation). Le plasma ainsi concentré est récupéré et injecté dans l’articulation, sous contrôle radiographique ou échographique, par le rhumatologue.

La centrifugation permet d’obtenir du plasma concentré en plaquettes avec des facteurs de croissance qui vont stimuler la cicatrisation et d’autres biomolécules qui possèdent des propriétés anti inflammatoires et antalgiques. Les facteurs de croissance libérés en grand nombre par les plaquettes stimulent les cellules souches locales ce qui permet la cicatrisation des tissus lésés et réduit inflammation et hémorragie.

Plusieurs injections peuvent être nécessaires pour arriver à des résultats concluants.

Est-ce efficace ?

Les experts s’accordent à dire que les injections intre-articulaires de PRP dans la gonarthrose sont considérées comme un traitement de seconde intention efficace pour les arthroses débutantes et moyennes et pourrait être utilisées également dans les formes sévères de gonarthrose et notamment dans les cas de contre-indication opératoire.

En 2018, une étude a comparé l’efficacité de l’injection de PRP dans l’arthrose du genou à celle d’acide hyaluronique (une substance aux propriétés lubrifiantes). Les patients sélectionnés étaient atteints d’une arthrose de grade 2-3 et ont reçu 3 injections toutes les 4 semaines, soit de PRP, soit d’acide hyaluronique.

Six mois après, 48.3 % des patients de groupe PRP avaient une amélioration de leur gonarthrose visible à l’IRM (amélioration du grade de l’arthrose) contre seulement 8 % dans le groupe acide hyaluronique. Les symptômes étaient également significativement mieux soulagés dans le groupe ayant reçu les injections de PRP.

Une injection de PRP peut se faire une fois tous les quinze jours sur une période pouvant aller jusqu’à 2 mois, pour obtenir de bons résultats et maîtriser la gonarthrose jusqu’à plus de 6 mois après la première injection.

Prothèse de genou et mobilité articulaire

Comme le laisse à penser les questions posées dans notre groupe Facebook, les patient(e)s devant subir prochainement une arthroplastie du genou semblent inquiet(e)s quant à leur capacité à recouvrer leur mobilité articulaire après la pose de la prothèse. Voici donc quelques indications qui devraient vous rassurer.

En phase post-opératoire

La mobilité se manifeste par une diminution très importante en postopératoire immédiat, puis par une récupération progressive (minimum de 5° par semaine). De manière synthétique, selon l’HAS (Haute Autorité de Santé) l’amplitude de flexion du genou est de 65° à 70°, 5 jours après l’opération, puis de 80° à 90° à J+12.

Plusieurs mois après l’opération

La mobilité est récupérée au bout de 12 mois. Elle est alors, en général, égale à la mobilité préopératoire. Les études ont en effet démontré que la valeur préopératoire de la flexion du genou est le meilleur indicateur prédictif de la flexion postopératoire.

Les études sont intéressantes pour donner une tendance mais n’oubliez jamais que chaque patient est un cas particuliers.

Pour la majeur partie des patients équipés d’une prothèse de genou (75%), la mobilité en flexion du genou est d’environ 110° – 120° (ce qui permet de faire la plupart des gestes du quotidien).

La marche se fait normalement avec un périmètre de marche de l’ordre de trois kilomètres. Chez certains patients, le résultat est encore meilleur, autorisant une marche illimitée.

La montée des escaliers est pratiquement normale (la descente nécessite parfois le recours à le rampe d’escalier). Une activité sportive légère (sans percussions sur l’articulation) est aussi possible. En règle générale, la conduite automobile est permise au terme du 2ème mois.

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J'arriiiive !

Qu’est-ce que l’arthrose ?

On vous a diagnostiqué une arthrose. Désormais vous savez qu’elle est l’origine de cette douleur qui vous assaille. Mais vous a t-on pour autant bien expliqué ce qu’est cette maladie et ce qu’elle n’est pas ? C’est tout l’objet de cet article.

L’arthrose est une maladie qui se traduit par une destruction anormale des articulations. Le cartilage présent dans les articulation qui assure son bon fonctionnement se détruit et se renouvelle de façon lente et équilibrée. Cependant on observe comme pour les cellules du cerveau une altération inéluctable des capacités de fabrication et de renouvellement du tissu qui vont rendre le cartilage plus fragile.

Dés lors, au cours du vieillissement, le cartilage soumis à certaines agressions comme une surcharge de poids, va s’altérer, ce qui va conduire à l’arthrose.

Ce phénomène n’est pas donc uniquement lié à l’âge, ni à l’usure de l’articulation mais à des facteurs biologiques qui stimulent la destruction du cartilage.

L’arthrose primitive et ses causes

Les causes exactes de l’arthrose ne sont pas encore parfaitement identifiées.
S’il n’existe pas de lésion préexistante de l’articulation touchée par l’arthrose, on parle d’arthrose primitive. L’arthrose primitive peut être favorisée par certains facteurs, comme le vieillissement ou la surcharge mécanique de l’articulation (surpoids, anomalie architecturale de l’articulation) ; les anomalies du métabolisme (diabète, etc.) et peut-être une origine hormonale. Il peut exister également une prédisposition familiale.

  • Sexe et Hormones

Les hormones sexuelles féminines (œstrogènes) pourraient jouer un rôle protecteur. En effet, l’arthrose des mains et des genoux est plus fréquente chez la femme après 65 ans qu’elle ne l’est chez l’homme.

  • L’hérédité – La génétique

Certaines localisations de l’arthrose, en particulier la main et le genou, pourraient être plus fréquentes dans certaines familles.

  • Les anomalies du métabolisme – Obésité, Diabète…

L’obésité est un facteur de risque majeur d’arthrose du genou (gonarthrose). La surcharge pondérale précède l’arthrose du genou de plusieurs années. La perte de poids même modérée protège l’articulation (perdre environ 5kgs diminue le risque de gonarthrose de 50 % pendant 10 ans). Le diabète est aussi un facteur de risque émergent. Plusieurs travaux ont mis en évidence le rôle néfaste d’un excès de sucre sur le cartilage. C’est surtout l’effet cumulatif des facteurs de risque en plus de l’obésité qui favorise l’arthrose notamment du genou.

L’arthrose secondaire et ses causes

Si l’arthrose survient sur une articulation fragilisée par des lésions plus ou moins anciennes ou une maladie du cartilage, on parle d’arthrose secondaire. L’arthrose peut être secondaire à un traumatisme de l’articulation, comme une atteinte d’un ménisque ou d’un ligament croisé au genou ou une maladie inflammatoire articulaire qui aurait abimé une articulation.

  • Les infections articulaires, mais également les maladies inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde peuvent abimer tout ou partie de l’articulation.
  • L’ostéonécrose (qui correspond à la nécrose ou mort plus ou moins étendue de l’os situé sous le cartilage) et qui, dans certaines formes peuvent évoluer vers une arthrose secondaire.
  • Des maladies rares dites de surcharge, qui se caractérisent par l’accumulation de différentes molécules dans le corps et en particulier dans l’articulation entraîne une arthrose. Par exemple :
    • L’accumulation de cuivre, comme dans la maladie de Wilson,
    • L’accumulation de fer, comme dans l’hémochromatose ;
    • L’accumulation d’acide homogentisique comme dans l’ochronose.
  • Les pathologies dites microcristallines (car à l’origine de la formation de petits cristaux au sein des articulations) comme la chondrocalcinose (CCA) peuvent aussi être fréquemment à l’origine d’une arthrose secondaire.
  • Les antécédents de traumatisme articulaire tels que les fractures et les luxations, voire même des incidents plus mineurs, peuvent augmenter le risque de survenue d’une arthrose. Ces facteurs ont été particulièrement bien étudiés au niveau du genou pour les lésions des ligaments croisés et des ménisques.

Les facteurs qui fragiliser l’articulation et favorise l’apparition de l’arthrose.

  • L’inégalité de longueur de membres inférieurs lorsqu’elle est supérieure à 2 cm (entrainant une boiterie).
  • Les hyperlaxités, les anomalies morphologiques (appelées dysplasie de hanche  ou  du genou (déformations dites en genu varus ou valgus, …) peuvent également induire un risque de développer une arthrose.

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J'arriiiive !

Qu’est-ce que la RAC ?

La RAC (Réhabilitation Accélérée après Chirurgie) ou RRAC (Réhabilitation Rapide Après Chirurgie) ou encore RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie) est une méthode qui nous vient des pays scandinaves et qui s’est répandue dans nos hôpitaux depuis 2016.

Une méthode venue du Danemark

La RAAC a été initialement développée dans les années 1990 par l’équipe danoise de chirurgie digestive du Pr. Henrik Kehlet. La HAS (Haute Autorité de Santé) a édité un rapport d’orientation dédié aux programmes de RAC en 2016 décrivant la volonté du gouvernement à développer la RAAC.

En quoi consiste t-elle ?

Cette approche multidisciplinaire pré-, per- et postopératoires vise le rétablissement rapide des capacités physiques et psychiques du patient… et sa sortie anticipée de l’établissement. Elle nécessite une organisation spécifique du parcours de soins et met le patient au coeur de la problématique.

Sa pratique nécessite des efforts combinés des équipes médicales (médecins anesthésistes, chirurgiens, infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants, etc.) et un environnement administratif et organisationnel favorables. Elle nécessite une parfaite coordination multidisciplinaire et transversales de la part de l’établissement de santé.

Elle vise plus particulièrement à :

  • Informer et former le patient sur son intervention ;
  • Anticiper l’organisation des soins et la sortie le plus tôt possible ;
  • Minimiser les conséquences du stress chirurgical ;
  • Contrôler la douleur dans toutes les situations ;
  • Favoriser et stimuler l’autonomie des patients.

Avant l’opération :

Durant la période pré-opératoire, la RAC prévoit plusieurs étapes et éléments devant permettre au patient de se présenter dans des conditions optimales à l’intervention chirurgicale :

  • La prise en compte des antécédents médicaux,
  • L’adaptation de la prise médicamenteuse,
  • La définition d’une stratégie anesthésique et analgésique adaptée,
  • La limitation du jeûne préopératoire,
  • L’optimisation de la condition du patient avec une éventuelle préparation physique (sevrage tabagique, alcoolique, apport glucidique, préparation nutritionnelle active, préparation physique, etc.)
  • L’information du patient à son intervention par un médecin ou un(e) infirmièr(e) de coordination RAAC, spécialisé(e) dans les parcours de soins RAAC, avec des consultations et documents dédiés.
  • Des checklists et rappels pour aider le patient à préparer ses affaires et ne rien oublier.

Le jour de l’opération :

Un patient bien informé et préparé appréhende avec moins de stress et d’angoisse son intervention. Selon l’intervention, la période de jeûne préopératoire ainsi que les prémédications sont réduites au maximum afin de limiter le stress et de faire descendre au bloc opératoire un patient confiant et conscient.

La durée d’anesthésie est la plus courte possible, tout en utilisant plusieurs médicaments qui prolongent l’effet anti-douleur de l’anesthésie sans l’effet de somnolence. Toujours dans le but de diminuer le saignement post opératoire et donc la fatigue liée à l’anémie (manque de fer), des infiltrations d’anesthésiques locaux à longue durée d’action sont réalisées dans la plaie opératoire afin de limiter la consommation de morphine post-opératoire. Le chirurgien utilise des procédures dites mini-invasives, définissant un geste opératoire le plus court possible et limitant la souffrance des organes et tissus du patient.

Enfin, le patient est dirigé vers la salle de réveil ou il va s’éveiller très rapidement (en cas d’anesthésie générale). Le patient pourra remonter rapidement dans sa chambre. Quitter son lit permet d’éviter des complications graves (phlébite, embolie pulmonaire, infection urinaire, perte musculaire, etc). Dans ce sens, la déambulation est favorisée. La reprise de l’alimentation et l’hydratation est rapide et le nombre de cathéters limité au strict minimum.

Le retour à domicile précoce :

Un patient bien préparé pourra appréhender sereinement son retour à domicile. Suite à l’intervention chirurgicale et selon la validation des critères de sortie par le chirurgien, le patient accompagné d’un proche, est amené à rentrer à son domicile plus rapidement que lors d’une prise en charge standard.

Le retour à domicile précoce du patient doit être réalisé de manière anticipée et sécurisée afin de suivre l’évolution de l’état de santé du patient, en anticipant et détectant les complications post-opératoires. En général, l’infirmièr(e) de coordination appelle dès le lendemain de l’intervention pour s’assurer de l’état de santé du patient à son retour à domicile. Le retour à domicile peut se faire grâce à :

  • Un suivi à domicile avec une infirmier(e) libéral(e) pour réaliser des mesures ou changer des pansements
  • un suivi à domicile avec une solution de suivi médical connecté, telle que Bodycontrol Program.
  • Un accompagnement via le PRADO, Programme d’Accompagnement du Retour à Domicile après hospitalisation, proposé par l’Assurance Maladie depuis 2010, permettant de coordonner les prestataires de soins à domicile.

Qu’est-ce que le « squeaking » ?

Le phénomène de « squeaking » (« grincement » en anglais) est rare mais parfois présent chez les patients équipés de prothèses avec couple de frottement C/C (céramique/céramique). Et quand cela arrive, c’est particulièrement gênant !

Vous avez déjà probablement entendu une porte grincer, provoquant chez vous l’envie irrépressible de mettre un peu de graisse sur les gonds afin de faire taire ce bruit. Et bien, quand une prothèse de hanche se met à grincer, c’est à peu près le même bruit. Vu de l’extérieur, il est difficile de croire que ce grincement provient de la prothèse. Et pourtant…

Bien que la plupart des hanches prothésées présentant un squeaking, soient totalement indolores et dénuées de tout symptôme, le phénomène bruyant qui en résulte peut avoir un impact psychologique négatif sur les patients, et peut conduire parfois à leur mécontentement et à une chirurgie de révision.

Le squeaking, ou grincement, est une complication des couples de frottement C/C. Sa fréquence varie de 0,7% à 20,9%, selon les publications scientifiques. D’après une étude publiée en 2007 (1), les patients les plus jeunes, les plus lourds et les plus grands étaient les plus exposés au squeaking.

Les origines du squeaking sont vraisemblablement multifactorielles (implant, patient, facteurs chirurgicaux). D’après les spécialistes, la révision de la prothèse C/C ne doit être envisagée que si la gêne est majeure et qu’elle s’accompagne d’un défaut d’orientation évident.

(1) Walter WL, O’toole GC, Walter WK et al. Squeaking in ceramic-on-ceramic hips : the importance of acetabular component orientation. J Arthroplasty. 2007, 22; 496-503

Bien choisir sa prothèse de hanche

Une prothèse de hanche est un dispositif médical implantable constitué de trois parties (la tige fémorale, la tête fémorale, la cupule). Ces trois éléments vont remplacer l’articulation de la hanche endommagée, afin de restaurer la mobilité et soulager la douleur du patient.

De quoi est composée une prothèse de hanche ?

  • La tige fémorale : la tête fémorale du patient est retirée, le canal fémoral alésé pour y insérer celle-ci. La tige fémorale peut être cimentée ou non cimentée (technique dite de “press-fit”)—cela dépend de l’âge du patient, de sa morphologie, de sa spécificité osseuse mais aussi des habitudes du chirurgien.
  • La tête fémorale : une tête sphérique en métal, en polymères ou en céramique est placée à l’extrémité supérieure de la tige fémorale pour remplacer l’ancienne tête fémorale endommagée qui a été retirée.
  • La cupule : la surface cartilagineuse du toit de l’acétabulum endommagé du cotyle où se logeait l’ancienne tête du fémur est enlevée. On le remplace par une prothèse cotyloïdienne de forme conique. Des vis ou du ciment peuvent être utilisés pour la maintenir en place. À l’intérieur de cette cupule est présent un insert en plastique, en céramique ou en métal, cet insert sera en contact avec la tête fémorale prosthétique.

De quels matériaux la prothèse est-elle constituée ?

Le métal :

On utilise certains métaux tels que l’inox, le cobalt-chrome ou le titane notamment pour confectionner la tige fémorale.

Les polymères :

On utilise essentiellement le polyéthylène, qui est un plastique très dur et le plus communément utilisé dans le monde. Il s’agit d’une substance inerte et parfaitement biocompatible. Aujourd’hui on utilise toujours ce matériau pour certains patients mais l’inconvénient est le risque d’usure du plastique au fil de temps et donc une durée de vie de la prothèse plus réduite. Ce risque reste néanmoins mitigé car certains patients ont pu garder une telle prothèse 30 ans et d’autres uniquement quelques années.

La céramique :

La céramique constitue désormais une bonne alternative en raison de sa solidité. On peut ainsi avoir une cupule en titane dans laquelle on va mettre un insert en céramique.

Le couple de frottement

Il s’agit de la zone mobile entre la tête fémorale et la cupule. De son choix va dépendre votre plusieurs éléments comme l’usure, les risques (très faible heureusement) de « couinement » (phénomène appelé « squeaking »). On retrouve ainsi quatre “couples” possibles :

  • Le couple céramique-polyéthylène
  • Le couple céramique-céramique
  • Le couple métal-polyéthylène
  • Le couple métal-métal

Chaque couple de frottement présente des avantages et des inconvénients et il revient à votre chirurgien orthopédiste de choisir celui qui conviendra le mieux, en fonction de plusieurs critères tels que votre âge, votre activité physique, votre spécificité osseuse, etc.

A noter que d’une manière générale, la pose d’implants dits “métal-métal” est déconseillée. Certaines sociétés qui les fabriquaient ont, dans les année 2010/2011, décidé d’arrêter de les commercialiser et même de rappeler ceux non utilisés dans l’intérêt des patients. Le problème vient du frottement entre les différents éléments de l’implant susceptible de détacher de petites particules métalliques qui se retrouvent ensuite dans le sang. Au niveau de l’articulation de la hanche, ces petites particules peuvent engendrer des réactions allergiques à l’origine de douleurs et de lésions locales.

Votre poids aggrave t’il votre arthrose ?

Existe t-il un rapport entre votre poids et la progression de votre arthrose ? Une perte de poids permettrait-elle de ralentir la maladie ?… D’atténuer les douleurs ?

Le surpoids peut en effet exercer une pression supplémentaire sur les articulations et le cartilage, favorisant ainsi leur usure et les lésions. De plus, la graisse corporelle en excès favorise l’inflammation des articulations.

Ainsi une étude de l’Université de Californie à San Francisco a révélé que la perte de poids permettait, chez les patients en surpoids sujets à l’arthrite ou à des lésions du genou, de ralentir la dégénérescence dans le cartilage articulaire.

Les chercheurs californiens ont analysé via IRM les différences de dégénérescence de toutes les structures articulaires du genou (ménisques, cartilage articulaire et moelle osseuse) chez 640 patients obèses et en surpoids (IMC>25 kg/m2), dont un groupe « de perte de poids » et un groupe témoin. A l’issue de l’étude, les patients ont été classés en 3 groupes :

  • ceux qui ont perdu plus de 10% de leur poids corporel
  • ceux qui ont perdu de 5 à 10% de leur poids corporel
  • ceux dont le poids est resté stable.

L’analyse confirme que les participants en surpoids et obèses qui sont parvenus à une perte de poids élevée sur une période de 48 mois ont bénéficié d’un ralentissement significatif de la dégénérescence du cartilage de genou.

Non seulement la perte de poids ralentit la dégénérescence du cartilage articulaire, mais aussi celle des ménisques, ces coussinets de fibrocartilage en forme de croissant qui protègent l’articulation. Les effets les plus manifestes sont relevés chez les participants les plus fortement obèses au départ de l’étude ainsi que chez ceux qui ont perdu le plus de poids.

L’étude met ainsi l’accent sur l’importance d’une stratégie globale et personnalisée chez les patients à risque élevé d’arthrose et atteints d’obésité. Les chercheurs précisent qu’un exercice léger à modéré est également recommandé pour protéger contre la dégénérescence du cartilage dans le genou.

Les sucres rapides : ennemis ou amis ?

Les sucres rapides font partie des nutriments qui favorisent le processus inflammatoires. Il est donc préférable de limiter les aliments qui ont un index glycémique supérieur à 70.

Ces aliments sont rapidement absorbés par l’organisme et élèvent le taux de sucre sanguin. Les sucres rapides sont acidifiants et provoquent la glycation. Durant ce phénomène, appelé Réaction de Maillard, les sucres se fixent sur les protéines. Cette glycation est à l’origine de la production de cytokines qui sont des protéines qui s’attaquent aux cartilages articulaires et aggravent les réactions inflammatoires.

Nous vous recommandons donc de limiter votre consommation de bonbons, de confiseries, de gâteaux, de boissons sucrées, de sodas, de desserts… Tous ces sucres rapides favorisent le processus de la glycation et réduisent la capacité des articulations à supporter les chocs, le poids du corps et à assurer la fluidité des mouvements.

Par ailleurs, la consommation régulière de ces aliments favorisent la prise de poids qui risque de contribuer à accentuer vos douleurs articulaires.

Si vous avez une petite faim, préférez les fruits à ces sucres générateurs de processus inflammatoires.