La RAC (Réhabilitation Accélérée après Chirurgie) ou RRAC (Réhabilitation Rapide Après Chirurgie) ou encore RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie) est une méthode qui nous vient des pays scandinaves et qui s’est répandue dans nos hôpitaux depuis 2016.

Une méthode venue du Danemark

La RAAC a été initialement développée dans les années 1990 par l’équipe danoise de chirurgie digestive du Pr. Henrik Kehlet. La HAS (Haute Autorité de Santé) a édité un rapport d’orientation dédié aux programmes de RAC en 2016 décrivant la volonté du gouvernement à développer la RAAC.

En quoi consiste t-elle ?

Cette approche multidisciplinaire pré-, per- et postopératoires vise le rétablissement rapide des capacités physiques et psychiques du patient… et sa sortie anticipée de l’établissement. Elle nécessite une organisation spécifique du parcours de soins et met le patient au coeur de la problématique.

Sa pratique nécessite des efforts combinés des équipes médicales (médecins anesthésistes, chirurgiens, infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants, etc.) et un environnement administratif et organisationnel favorables. Elle nécessite une parfaite coordination multidisciplinaire et transversales de la part de l’établissement de santé.

Elle vise plus particulièrement à :

  • Informer et former le patient sur son intervention ;
  • Anticiper l’organisation des soins et la sortie le plus tôt possible ;
  • Minimiser les conséquences du stress chirurgical ;
  • Contrôler la douleur dans toutes les situations ;
  • Favoriser et stimuler l’autonomie des patients.

Avant l’opération :

Durant la période pré-opératoire, la RAC prévoit plusieurs étapes et éléments devant permettre au patient de se présenter dans des conditions optimales à l’intervention chirurgicale :

  • La prise en compte des antécédents médicaux,
  • L’adaptation de la prise médicamenteuse,
  • La définition d’une stratégie anesthésique et analgésique adaptée,
  • La limitation du jeûne préopératoire,
  • L’optimisation de la condition du patient avec une éventuelle préparation physique (sevrage tabagique, alcoolique, apport glucidique, préparation nutritionnelle active, préparation physique, etc.)
  • L’information du patient à son intervention par un médecin ou un(e) infirmièr(e) de coordination RAAC, spécialisé(e) dans les parcours de soins RAAC, avec des consultations et documents dédiés.
  • Des checklists et rappels pour aider le patient à préparer ses affaires et ne rien oublier.

Le jour de l’opération :

Un patient bien informé et préparé appréhende avec moins de stress et d’angoisse son intervention. Selon l’intervention, la période de jeûne préopératoire ainsi que les prémédications sont réduites au maximum afin de limiter le stress et de faire descendre au bloc opératoire un patient confiant et conscient.

La durée d’anesthésie est la plus courte possible, tout en utilisant plusieurs médicaments qui prolongent l’effet anti-douleur de l’anesthésie sans l’effet de somnolence. Toujours dans le but de diminuer le saignement post opératoire et donc la fatigue liée à l’anémie (manque de fer), des infiltrations d’anesthésiques locaux à longue durée d’action sont réalisées dans la plaie opératoire afin de limiter la consommation de morphine post-opératoire. Le chirurgien utilise des procédures dites mini-invasives, définissant un geste opératoire le plus court possible et limitant la souffrance des organes et tissus du patient.

Enfin, le patient est dirigé vers la salle de réveil ou il va s’éveiller très rapidement (en cas d’anesthésie générale). Le patient pourra remonter rapidement dans sa chambre. Quitter son lit permet d’éviter des complications graves (phlébite, embolie pulmonaire, infection urinaire, perte musculaire, etc). Dans ce sens, la déambulation est favorisée. La reprise de l’alimentation et l’hydratation est rapide et le nombre de cathéters limité au strict minimum.

Le retour à domicile précoce :

Un patient bien préparé pourra appréhender sereinement son retour à domicile. Suite à l’intervention chirurgicale et selon la validation des critères de sortie par le chirurgien, le patient accompagné d’un proche, est amené à rentrer à son domicile plus rapidement que lors d’une prise en charge standard.

Le retour à domicile précoce du patient doit être réalisé de manière anticipée et sécurisée afin de suivre l’évolution de l’état de santé du patient, en anticipant et détectant les complications post-opératoires. En général, l’infirmièr(e) de coordination appelle dès le lendemain de l’intervention pour s’assurer de l’état de santé du patient à son retour à domicile. Le retour à domicile peut se faire grâce à :

  • Un suivi à domicile avec une infirmier(e) libéral(e) pour réaliser des mesures ou changer des pansements
  • un suivi à domicile avec une solution de suivi médical connecté, telle que Bodycontrol Program.
  • Un accompagnement via le PRADO, Programme d’Accompagnement du Retour à Domicile après hospitalisation, proposé par l’Assurance Maladie depuis 2010, permettant de coordonner les prestataires de soins à domicile.